Retraites : on se fout de nous !

Ainsi donc, devant l’allongement de la durée de vie, le seul choix serait de partir plus tard ou d’avoir des pensions de misère … Et on nous prépare les deux potions ensembles …

retraite à 70 ans

Moins d’actifs pour toujours plus de retraités, une durée de vie à la retraite plus longue, l’affaire semble entendue : « Il faudra faire des sacrifices. »

Mais au delà du simple « bon sens », si on creusait un peu le sujet ?
Après tout si on s’arrête au bon sens : le soleil tourne autour de la terre, il suffit de le regarder pour s’en convaincre.

Ce qu’on ne vous dit pas :

En 2001 le C.O.R. (le Conseil d’Orientation des Retraites, qui n’est pas franchement une officine bolchévique) publiait un rapport, passé largement sous silence, qui explorait une autre piste : celle de l’augmentation des cotisations pour permettre de faire face à ces modifications démographiques.

Les seuls échos auxquels le « grand public » eut droit furent qu’il faudrait augmenter de 15 points les cotisations pour permettre de maintenir le système avec un départ à 60 ans et une retraite de 78% du salaire de référence.

Présenté comme ça, on peut dire que ça ne fait pas très envie … 15 points de salaire en moins alors que c’est déjà compliqué de finir le mois … Même pas en rêve …

Là où est l’arnaque, c’est que cette augmentation devrait se dérouler d’ici à l’horizon 2040, soit une augmentation moyenne de 0.38% par an, avec un salaire moyen qui progresse lui de 1.5% l’an. Soit un gain de 1.12%.

Et de plus, si on garde les mêmes rapports de cotisations patron/salarié (60% de cotisation patronale pour 40% au salarié), cela ne représente plus qu’une hausse de
0.15% sur le salaire. Soit un gain de 1.35% de salaire.

Le même rapport démontre qu’une prolongation de la durée de cotisation de 4 ans sans augmentation des prélèvements (Le scénario actuel préconisé par le gouvernement) conduirait (conduira si on se laisse berner) à une baisse des pensions à 55% du salaire de référence au lieu des 78% actuels.

A noter également qu’après 2040, les effets du « papy boom » passés, la situation se stabilisera et ne nécessitera plus que des corrections à la marge.

Bien évidemment, le rétablissement du droit à retraite dès 60 ans avec au minimum 75 % de taux de remplacement peut être financé en mettant à contribution les profits, notamment par une augmentation de la part dite «patronale» des cotisations : les gains de pouvoir d’achat pour la population active s’en trouveraient alors majorés.

A la lumière de ces informations, l’option des augmentations de cotisation est bien sûr préférable et c’est pourquoi la C.G.T. vous invite à la mobilisation pour imposer ce scénario.

Mais pourquoi cette solution n’est pas choisie par nos dirigeants actuels ?

Depuis la création par le C.N.R. (Conseil National de le Résistance) de la Sécurité Sociale en 1945 sous l’égide du ministre du travail Ambroise Croizat, le patronat n’a eu de cesse de la faire disparaitre n’acceptant pas d’avoir été contraint, au regard de sa grande présence au sein de la collaboration avec l’occupant nazi, à ce système solidaire qui de plus fait échapper à la finance des sommes considérables qu’elle aurait tant aimé ponctionner à sa guise.

« Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage »… Ainsi, quelle meilleure façon d’amener les salariés à se détourner d’un système solidaire au profit de l’épargne et de la capitalisation que d’appauvrir la sécu (avec des prestations devenues ridicules face à des cotisations conséquentes) et d’amener ainsi naturellement vers sa disparition.
Qui voudrait payer pour des garanties qui se réduisent à peau de chagrin ?

La C.G.T. vous appelle à vous mobiliser, à rester attentifs, à prendre en mains vos propres affaires, à ne pas vous laisser voler ce bien commun et cette grande avancée de civilisation au profit des fonds de pensions et autres maitres de la finance.

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